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Un voyage en trois actes aux revirements inattendus, placé sous le signe du rêve, entre Irlande et Amérique, folie et fantasmes. Une écriture violente et passionnée. Des personnages coupés du monde, en lutte perpétuelle avec leur destin. Trois histoires-paraboles autour de l’or et de ce qui, après avoir disparu, fait brusquement retour.
La Corde
Un vieux fermier cupide a un trésor caché. Il attend depuis cinq ans le retour de son fils qui est parti en mer après l’avoir volé. Le père l’a maudit et lui a prédit la corde s’il revenait un jour. Depuis cinq ans, celle-ci est pendue dans la grange. Ce jour-là, le fils revient… L’histoire s’ouvre à l’interprétation comme un mythe. N’y-a-t-il pas, derrière la malédiction du père et la terrible épreuve à laquelle il soumet son fils, une référence à l’histoire d’Abraham et Isaac ? Le revirement final de la situation, si inattendue, montre à quel point chaque être garde une part de mystère insondable. O’Neill reprendra quelques années plus tard cette pièce sous le titre Le Désir sous les ormes.
Soif
Sur l’océan, entre l’ancien et le nouveau Monde, trois naufragés – un gentleman de Première classe, une chanteuse de cabaret et un marin métis – constituent une société composite à l’image de l’Amérique. Isolés sur un radeau de fortune, soumis à une mort prochaine, ils se révèlent incapables de partager. Assoiffés, ils sombrent dans la folie qui emporte leurs rêves, leurs illusions, leurs fantasmes et leurs corps à la mer. Soif sera créée pour la première fois en France.
L'endroit marqué d'une croix
Le capitaine Bartlett, dans sa chambre transformée en cabine de bateau, passe ses jours et ses nuits à guetter l’arrivée dans le port de la Mary Allen, son bateau parti à la recherche d’un trésor enterré dans une île. Bien que celui-ci ait fait naufrage, il continue à l’attendre. Sa quête du trésor a contaminé son fils Nat qui tente désespérément de se libérer de l’emprise de ses rêves. Le bateau revient. Hallucination ou réalité ?
La résonance symbolique vient creuser l’histoire : on retrouve la relation conflictuelle Père-Fils. Mais ici, ce n’est plus la violence du parricide qui est en jeu, mais celle, autodestructrice, du rapport fusionnel.
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Le théâtre d’O’Neill reste encore, en France, à découvrir, ou à redécouvrir. En relisant ses premières pièces en un
acte, écrites face à la mer, j’ai été saisi par la force d’un théâtre d’histoires capable de cristalliser, sous un premier
niveau narratif, des conflits psychiques profonds. J’ai voulu rassembler trois de ces pièces et jouer, dans l’esprit des
variations musicales, de leurs similitudes et de leurs différences. La force de O’Neill est de créer avec vigueur des êtres d’une profonde vérité dans un style poétique nouveau que
la traduction du poète Jean Pierre Siméon nous restitue. »
Guy Freixe
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